La surdité de l’enfant

la surdité chez l'enfant

Les troubles de l’audition chez l’enfant peuvent entraîne d’importantes répercussions sur leur développement, mais aussi sur leur socialisation. La meilleure prévention est le dépistage précoce. Un traitement adapté sera ensuite privilégié en fonction du diagnostic, car il existe plusieurs types de surdité avec différentes causes.

La surdité, définition

La surdité est définie par l’OMS comme étant une acuité auditive insuffisante qui entrave l’apprentissage de la langue, la capacité à participer aux activités de son âge et à suivre l’enseignement scolaire.

Cette pathologie touche environ 1 naissance sur 1 000 dans une famille sans antécédents et 15 sur 1 000 chez les familles à risques. À ce jour, le dépistage précoce est l’unique solution pour trouver un traitement adapté.

Le classement des différentes surdités de l’enfant

La perte auditive se mesure en nombre de décibels (db). Le Bureau international d’Audio-Phonologie (BIAP) a mis en place des critères de classification pour mesurer la surdité de l’enfant :

  • De 0 à 20 décibels de perte : audition normale ;
  • De 20 à 40 décibels de perte : surdité légère ;

Une conversation normale équivaut à un volume de 40 décibels. À ce stade, la parole normale est perçue, mais certains détails phonétiques peuvent échapper à l’enfant. Il peut alors montrer des signes d’inattention ou d’incompréhension.

  • De 40 à 70 décibels de perte : déficience auditive moyenne ;

Dans ce cas, l’enfant est déclaré malentendant ou demi-sourd. L’enfant entends seulement si la personne parle fort. Un enfant présente alors des troubles du langage et une mauvaise articulation.

  • Entre 55 et 70 db de perte : les enfants entendent les voix, mais ne comprennent pas le sens ;
  • De 70 à 90 décibels de perte : surdité sévère ;

Les enfants peuvent entendre les voix fortes, mais ne comprennent pas les conversations. Ils n’arrivent pas à intégrer le langage intelligible spontanément et réagissent uniquement par désignation d’un objet.

  • Au-delà de 90 db : sourd profond. À ce stade, l’enfant ne perçoit aucun son.

Les différentes causes et les facteurs de risques de surdité de l’enfant

En fonction de l’organe touché, mais aussi de la cause, il existe plusieurs types de surdité de l’enfant. Certains facteurs de risque peuvent aussi entraîner une perte d’audition.

La surdité de transmission

La surdité par transmission est généralement due aux conséquences d’une affection de l’oreille. Cette surdité est souvent curable via des solutions médicales ou chirurgicales.

Une baisse d’audition causée par des infections ORL ne dépasse pas 60 db de perte et relève donc d’une surdité partielle. La surdité de transmission est plus fréquente que la surdité de perception chez l’enfant.

La surdité de perception

Généralement, la surdité de perception est irréversible et peut découler sur une surdité totale. La surdité de perception est caractérisée par l’atteinte de l’oreille interne. Les causes sont variables et très souvent, inconnues.

Les surdités héréditaires

C’est la forme de perte d’audition chez l’enfant que l’on rencontre le plus souvent. Il s’agit d’une surdité familiale et génétique qui se transmet par la filiation. De nombreuses familles ne sont pas au courant de ce gène dans leurs antécédents et l’absence de sourds immédiats induit en erreur.

La surdité héréditaire est généralement due à une atteinte des tissus auditifs. L’enfant naît avec et elle peut persister toute la vie en cas d’absence de diagnostic.

La forme dominante est la plus rare et seules quelques générations peuvent être touchées. La surdité peut alors être évolutive et elle peut s’aggraver au fil des années.

Plusieurs maladies héréditaires peuvent être associées à une malformation auditive.

Les surdités dues à l’atteinte du fœtus

Certaines pertes auditives peuvent résulter d’une malformation in vitro. La rubéole congénitale par exemple est une des causes principales. D’autres virus peuvent toutefois en être à l’origine, comme la varicelle, l’hépatite virale, la toxoplasmose, etc.

Il y a également d’autres causes toxiques suite à la prise de certains médicaments durant la grossesse. La prise d’antibiotiques aminosides est ainsi déconseillée pour éviter d’éventuelles malformations du nourrisson.

Les surdités dues à l’atteinte du nouveau-né

Il existe également des surdités qui surviennent les premiers jours de vie d’un bébé.

La jaunisse ou l’ictère grave peut également être à l’origine d’une perte d’audition ainsi que d’autres séquelles neurologiques. C’est aussi le cas pour les méningites ainsi que les encéphalites.

Les symptômes de la surdité chez l’enfant

Lorsque vous constatez l’un des faits suivants, vous devez immédiatement consulter un médecin pour diagnostiquer votre enfant :

  • absence de réaction du nourrisson aux bruits et à la voix,
  • perte du babillement après 6 mois (l’enfant cesse de babiller quand il n’entend pas ou plus),
  • retard dans le langage,
  • élocutions incontrôlées,
  • retard ou absence de réaction à un prénom,
  • troubles de l’articulation après 4 ans (confusion phonétique et/ou sonore),
  • certains troubles du comportement (agressivité, isolement, quête d’affection, etc.),
  • retard scolaire (surtout en lecture, dictée ou écriture).

Sachez toutefois qu’il peut y avoir des erreurs. Un enfant peut faire semblant de ne pas entendre ou ignorer certaines directives. Les symptômes précités doivent être répétitifs et incohérents avec le développement des enfants de son âge.

En cas d’otites à répétition, il est obligatoire de procéder à un examen ORL pour trouver un traitement efficace et éviter la surdité permanente.

Les différents tests de dépistage de surdité chez l’enfant

En fonction des symptômes, les spécialistes peuvent préconiser différents examens pour déterminer le niveau de surdité d’un enfant.

L’audiométrie de conditionnement

Dès 5 mois, un spécialiste utilise des jouets sonores pour mesurer la capacité acoustique d’un enfant. À 1 an, on réalise le test du prénom. Entre 1 et 3 ans, le réflexe d’orientation conditionné est appliqué. Il s’agit d’un test qui consiste à émettre un son dans une direction donnée.

À partir de 3 à 6 ans, des tests d’images sont réalisés avec un casque. L’enfant se situe dans une cabine insonore avec un de ses parents. Des images sont affichées devant lui et il doit montrer celui qui correspond au son donné dans son casque. L’intensité du son est réglée en fonction des objectifs du test.

L’impédancemétrie et le réflexe stapédien

L’impédancemétrie ou tympanométrie est une technique consistant à mesurer la souplesse du tympan. C’est un examen indolore.

La recherche du réflexe stapédien consiste à provoquer une stimulation sonore intense.

L’audio-électroencéphalographie

Cet examen, assez long, consiste à enregistrer un électroencéphalogramme et ses modifications lors de stimulations auditives.

L’examen appelé électrocochléographie peut aussi être réalisé sur un jeune enfant dès 10 à 12 mois, tout comme l’enregistrement des potentiels évoqués auditifs stationnaires (PEA).

L’orthophoniste

Une fois que les troubles de l’audition sont confirmés et quantifiés, l’enfant doit voir un orthophoniste. Celui-ci aidera l’enfant à combler ses lacunes en fonction de ses déficiences auditives.

Un examen psychologique est aussi conseillé pour apprécier le développement d’un enfant sourd.

Les différents traitements

Selon le diagnostic, il existe plusieurs types de traitement de la surdité chez l’enfant.

La chirurgie

Elle est généralement préconisée en cas de surdité de transmission suite à des maladies auditives à répétitions.

Les procédés varient en fonction du diagnostic et de la complexité de l’affection, mais surtout selon l’âge de l’enfant.

Plusieurs consultations médicales en amont sont pratiquées avant de valider une intervention chirurgicale de l’audition.

Les implants de l’oreille

Les implants d’oreille sont les traitements les plus répandus pour les surdités de perception.

L’appareillage

Il s’agit de la pose d’une prothèse afin que le sujet puisse percevoir la parole. Toutefois, cela suppose une rééducation en parallèle pour obtenir des résultats optimums. L’appareillage permet aux enfants de percevoir leurs propres voix. Il doit être placé le plus tôt possible afin que l’enfant acquière la parole.

Les prothèses auditives doivent être portées toute la journée. Ce sont de petits boitiers composés d’un écouteur et d’un embout en plastique. Ils nécessitent un entretien quotidien pour prévenir tout risque d’infections et de bouchons.

Le port d’appareillage nécessite d’éviter des traumatismes locaux (coups de poing, gifles, etc.) pouvant entraîner des blessures de l’oreille.

La rééducation

Il existe 2 méthodes interdépendantes en France pour la rééducation des enfants sourds :

  • l’éducation orale pure,
  • l’éducation bilingue.

Dans le premier cas, les enfants sourds ont tendance à s’exprimer par des gestes. C’est pourquoi il faut leur inculquer l’usage de la parole, la lecture labiale ainsi que l’éducation auditive.

Quant à l’éducation bilingue, il s’agit d’une combinaison entre la langue orale et la langue des signes. Cette combinaison permet à l’enfant de mieux comprendre les mots, mais aussi d’ouvrir la voie de l’imaginaire et de l’abstraction. Les parents sont souvent initiés à ces langages pour optimiser l’apprentissage des enfants.

En général, le choix du traitement dépend de l’importance de la surdité de l’enfant et des moyens à disposition de votre spécialiste. Le plus sûr est de faire confiance à un professionnel et de suivre ces recommandations. La durée du traitement varie en fonction des progrès de l’enfant.

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