L’accueil d’un ou d’une jeune au pair repose avant tout sur le partage culturel et l’échange linguistique. Pourtant, cette solution reste-t-elle réellement avantageuse pour le budget des ménages ? Contrairement aux idées reçues, l’accueil engendre des coûts fixes conséquents (logement, nourriture, argent de poche et charges Urssaf). En outre, le crédit d’impôt de 50 % allège la facture. Toutefois, ce mécanisme s’applique uniquement aux cotisations sociales. Il ne concerne pas l’argent de poche versé au jeune.
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Faisons le point sur le statut juridique des jeunes au pair. Découvrons ensemble les meilleures méthodes pour trouver un profil en toute sécurité. Enfin, évaluons les coûts réels à prévoir.
Attention : Ne confondez pas le jeune au pair (échange culturel, 25h max/semaine, argent de poche) et le salarié au pair (contrat de travail classique). L’Urssaf utilise un mode de déclaration simplifié, mais le cadre légal et l’absence d’aides de la Caf restent inchangés.
Au pair : aperçu des différents statuts
Le statut « au pair » n’est pas unique : on distingue les jeunes au pair, les stagiaires aides familiaux étrangers et les salariés au pair. Dans tous les cas, l’objectif reste d’accomplir des tâches à caractère familial ou ménager, et notamment la garde d’enfants. Toutefois, les conditions légales diffèrent :
Le stagiaire aide familial étranger
Ce statut concerne spécifiquement les jeunes ressortissants de l’Union européenne ou de l’Espace économique européen effectuant un séjour en France à des fins d’études. Un accord de placement est signé et le jeune doit obligatoirement s’inscrire à des cours de langue (français langue étrangère – FLE) ou d’études pendant son séjour.
Le jeune au pair
Ce cadre juridique s’adresse aux ressortissants de pays tiers hors Union européenne dont le séjour en France vise à approfondir leurs compétences linguistiques. Une convention de jeune au pair (formulaire officiel Cerfa n° 15973) est signée avec la famille, ce qui s’avère indispensable pour l’obtention du visa de long séjour auprès du consulat.
Le salarié au pair
Ce régime relève du droit commun et ne requiert aucune condition d’âge ou d’études. Un véritable contrat de travail est conclu avec le particulier employeur sous l’égide de la Convention collective nationale des particuliers employeurs.
Contrairement aux autres profils recevant de l’argent de poche, la rémunération du salarié au pair est constituée exclusivement d’avantages en nature (fourniture du logement et des repas). Pour respecter les obligations légales, la valeur de ces avantages en nature doit être évaluée avec précision dans le contrat afin de correspondre a minima au montant du SMIC horaire net selon le volume d’heures travaillées.
Attention : l’Urssaf est formelle, le versement de toute rémunération en espèces en complément des avantages en nature entraîne la perte de la qualité d’employé au pair et impose une requalification en contrat de garde d’enfants classique.
Comment trouver un jeune au pair fiable?
Pour réussir à trouver un·e jeune au pair qui correspond aux attentes de votre foyer, plusieurs options s’offrent à vous selon votre degré d’autonomie et le niveau d’accompagnement souhaité :
- Les plateformes de mise en ligne d’annonces : Des sites spécialisés reconnus (comme Aupairworld) permettent de rédiger un profil de famille détaillé et d’entrer directement en contact avec des candidats.
- Les agences de placement spécialisées : Passer par des structures agréées (telles qu’Au Pair Butrfly) ou des organismes certifiés par l’UFAAP (Union Française des Agences Au Pair), ainsi que des institutions comme l’OFAJ (pour les échanges franco-allemands), permet de sécuriser la sélection et de simplifier les formalités.
- L’entretien préalable : Avant de valider votre choix et de trouver le candidat idéal, organisez systématiquement un ou plusieurs entretiens en visioconférence pour valider le feeling avec vos enfants.

Critères et conditions pour recruter un·e jeune au pair
Le ou la candidate doit respecter des critères d’éligibilité stricts :
- avoir entre 18 et 30 ans ;
- être de nationalité étrangère hors Union européenne ;
- être d’une nationalité différente de la famille d’accueil ;
- ne posséder aucun lien de parenté avec la famille d’accueil ;
- justifier d’une connaissance basique de la langue française, d’un niveau d’instruction secondaire ou de qualifications professionnelles.
Afin de pouvoir séjourner en France, les jeunes au pair doivent faire une demande de visa de long séjour (VLS) mention « jeune au pair » et dans un second temps, si besoin, demander une carte de séjour temporaire jeune au pair.
La convention, initialement établie pour une durée de 3 mois à 1 an, détermine :
- les droits et obligations de chaque partie, notamment les conditions d’accueil (appartement ou maison, chambre et salle de bain individuelles ou partagées, etc.) ;
- les activités à effectuer, lesquelles se limitent strictement aux tâches familiales et ménagères légères liées aux enfants (garde des enfants, préparation de leurs repas, rangement de leur chambre) ; le jardinage ou le grand ménage de la maison sont formellement interdits sous peine de requalification ;
- le volume horaire de travail, qui est strictement plafonné à 25 heures par semaine (et 5 heures maximum par jour), cumulé avec le suivi obligatoire d’études ou de cours de langue française ;
- les conditions de rétribution (logement et nourriture fournis en nature, ainsi qu’une somme d’argent de poche s’élevant au minimum réglementaire de 320 € par mois).
Quel est le coût réel de l’embauche en 2026 ?
Les avantages en nature sont estimés à 4,70 € par repas à raison de 2 repas par jour, et à 71,00 € par mois pour l’hébergement. En ajoutant l’argent de poche minimal légal de 320 € par mois, vous versez l’équivalent d’un package global attractif. Outre ces dépenses, vous devez également prévoir de régler des cotisations sociales à l’Urssaf. Ces cotisations ouvrent droit à un crédit d’impôt.
La protection sociale des jeunes au pair
Votre jeune au pair dépend du régime général de la Sécurité sociale. Cette affiliation couvre la maladie, la maternité et les accidents du travail. Elle valide également vos droits pour la retraite de base. Les jeunes au pair dépendent également de l’Ircem (Caisse de retraite complémentaire des salariés du particulier employeur).
En tant que famille d’accueil, vous êtes redevable du paiement des cotisations correspondantes. Ces cotisations continuent de reposer sur des bases forfaitaires réglementaires. L’assiette de calcul correspond à 56 fois le SMIC horaire par mois, ou 13 fois le SMIC horaire par semaine. Ce mécanisme engendre ainsi des cotisations patronales comprises entre 211 € et 216 € par mois selon la revalorisation du SMIC. Vous pouvez consulter l’ensemble des détails officiels directement sur la page dédiée aux taux et barèmes de l’emploi au pair sur le site de l’Urssaf.
En cas d’évolution du Smic, le montant considéré est le montant applicable au premier jour du trimestre civil en question.
Absence d’aides de la CAF
Contrairement à l’embauche d’une nourrice, l’embauche d’un·e jeune au pair n’ouvre pas droit à la Prestation d’accueil du jeune enfant (Paje). Vous ne pouvez donc pas bénéficier du Complément de libre choix du mode de garde (CMG) versé par la Caisse d’allocations familiales (Caf). De même, vous ne touchez généralement aucune des aides financières accordées par votre conseil d’entreprise, votre municipalité ou votre région.
Bon à savoir : Vous rencontrez des difficultés financières pour faire garder vos enfants ? Vous pouvez vous adresser directement à votre service municipal d’action sociale. Vous avez également la possibilité de contacter l’un des Points info familles de votre région.
Le crédit d’impôt pour l’emploi à domicile : attention au statut !
Bénéficier d’un avantage fiscal dépend strictement du cadre juridique choisi pour l’accueil. Vous optez pour le statut de salarié au pair ? Ce régime dépend d’un contrat de travail de droit commun. Grâce à ce choix, vous pouvez prétendre au crédit d’impôt pour l’emploi à domicile. Conformément à l’article 199 sexdecies du Code général des impôts, ce crédit correspond à 50 % du montant des cotisations sociales. Les dépenses prises en compte bénéficient d’un plafond de 12 000 €. Ce montant passe à 15 000 € pour la première année où vous utilisez ce mécanisme. Vous ajoutez ensuite une majoration de 1 500 € par enfant à charge. Toutefois, le total ne dépasse jamais 15 000 €, ou 18 000 € pour la première année.
Pour tout savoir sur les conditions d’application de l’avantage fiscal, consultez notre article sur la garde d’enfants et le crédit d’impôt.
Point de vigilance : Les avantages en nature ne sont pas éligibles au crédit d’impôt, qui s’applique uniquement aux cotisations versées à l’Urssaf. En revanche, ce mécanisme fiscal ne s’applique pas si vous accueillez un jeune au pair (hors UE) ou un stagiaire aide familial étranger (UE) sous convention d’échange culturel, ces statuts n’étant pas assimilés à du salariat à domicile par l’administration fiscale.
Formalités : déclarer l’emploi et le crédit d’impôt
L’accès aux avantages fiscaux dépend strictement du cadre réglementaire de l’accueil. Si vous avez opté pour le statut de salarié au pair, qui est le seul éligible, le crédit d’impôt s’appliquera directement lors de votre déclaration annuelle de revenus. Cette démarche reste toutefois subordonnée à l’accomplissement préalable des formalités obligatoires auprès de l’Urssaf.
Déclarer l’emploi à l’Urssaf
Si vous embauchez un·e salarié·e au pair, vous devez effectuer une déclaration d’embauche dans les 8 jours suivant son arrivée. Le cas échéant, ce formulaire permet également de demander l’immatriculation à la Sécurité sociale de votre salarié·e au pair. Par la suite, vous recevrez une déclaration trimestrielle. Il s’agit d’une Déclaration Nominative Simplifiée (DNS) au format papier. Vous devez compléter ce document pour permettre le calcul de vos cotisations.
Déclarer vos revenus
Lors de votre déclaration de revenus annuelle, vous devez simplement :
- renseigner le montant global des cotisations sociales patronales versées à l’Urssaf ;
- indiquer la nature des services à la personne prodigués par le ou la salarié·e au pair. L’administration fiscale pourra également vous demander de fournir vos attestations Urssaf afin de justifier des cotisations sociales déclarées. Suite à votre déclaration, le montant de votre crédit d’impôt est calculé automatiquement. Vous pourrez le retrouver sur votre avis d’imposition.
Versement du crédit d’impôt
Vous recevrez votre crédit d’impôt en deux temps, sous la forme :
- d’un acompte de 60 % versé en janvier ;
- du solde versé durant l’été. Le montant du solde sera adapté à vos dépenses réelles. Si le versement de l’acompte donne lieu à un trop-perçu, vous devrez rembourser la somme correspondante en septembre.
À noter : Le statut particulier de l’emploi au pair exclut totalement le service d’Avance immédiate de l’Urssaf. Cette gestion repose en effet sur une Déclaration Nominative Simplifiée (DNS) trimestrielle. Vous ne pouvez donc pas déduire vos 50 % en temps réel. Le système classique du versement en deux temps reste le seul applicable.





